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Adaptation au changement climatique : Étude de filières d'avenir et d'opportunités de diversification dans l’Hérault

Solagro a été sollicitée pour réaliser une étude prospective sur l’avenir des filières agricoles de deux territoires méditerranéens confrontés au changement climatique : les communautés d’agglomération d’Hérault Méditerranée et Sète Agglopôle Méditerranée. Pour aider ces territoires à surmonter le déclin de la culture de la vigne, Solagro a analysé les évolutions climatiques qui affecteront l’Hérault dans les prochaines décennies, puis émis plusieurs propositions de nouvelles cultures et filières pouvant redynamiser le secteur agricole local.

 

L’agriculture languedocienne face au changement climatique

Les effets du changement climatique se font déjà ressentir dans l’Hérault, et affectent particulièrement la viticulture. Culture emblématique du territoire, la vigne représentait 65% de la SAU locale en 2020. Cette filière est touchée de plein fouet par le contexte économique et climatique.

Solagro a réalisé une série d’entretiens auprès d’acteurs clés du secteur agricole local, pour identifier les aléas climatiques ayant touché ces territoires durant les dernières années (2019-2024) :

  • Sécheresses : 4 des 6 dernières années ont été « sèches » avec de faibles précipitations en hiver et des sécheresses en été, qui ont augmenté la mortalité des ceps de vigne et diminué les rendements
  • Excès thermiques : les fortes températures estivales ont occasionné des brûlures de feuillages et de fruits dans les vergers, et même dans les vignes
  • Gel tardif : des gels tardifs en avril ont causé des diminutions des rendements dans les vignes et ont été particulièrement impactants pour l’arboriculture.

 

Quel climat en Hérault en 2050 et 2100 ?

La fréquence et l’intensité des aléas climatiques devraient augmenter sensiblement dans les prochaines décennies.

Selon les projections climatiques réalisées par Météo-France et présentées dans la TRACC, le pourtour méditerranéen sera l’un des territoires français qui subira la plus importante hausse de température moyenne d’ici à 2100. Le nombre de jours de sécheresse annuelle augmentera lui aussi davantage dans la moitié sud du pays, avec presque 2 mois de sécheresse modérée supplémentaires par an. En ce qui concerne les précipitations, elles seront plus abondantes en hiver et plus rares en été, ce qui occasionnera davantage de stress hydrique pour les cultures.

 

Précisions méthodologiques : Un panorama de l’agriculture du territoire et du contexte pédo-climatique des différentes filières a été réalisé en début de mission. Solagro a ensuite analysé les vulnérabilités du territoire et de la filière viticole aux aléas climatiques subis ces dernières années, et à venir. Le service climatique Climadiag Agriculture et Forêt (Solagro et Météo-France) a été utilisé pour illustrer les vulnérabilités à l’aide d’indicateurs agro-climatiques ciblés. L’outil CC Explorer (INRAE) couplé à une analyse de cartes pédologiques du RRP (référentiel régional pédologique) a également été mobilisé pour étudier les homologues pédo-climatiques des zones méditerranéennes et qualifier les opportunités de mutation de la filière viticole.

En savoir plus sur la méthodologie

 

De nouvelles cultures pour un nouveau climat

Solagro a accompagné les communautés d’agglomération pour réinventer une agriculture adaptée aux nouvelles conditions climatiques, notamment en étudiant la possibilité de développer de nouvelles filières agricoles sur leur territoire.

30 cultures possibles ont été envisagées, et chacune d’entre elles a fait l’objet d’une étude détaillant :

  • L’itinéraire technique et son adéquation avec les conditions locales
  • Son adéquation avec l’évolution climatique
  • La dynamique du marché, démarche collective
  • Les outils pour la transformation nécessaire de la filière

 

Ces filières ont fait l’objet d’une présentation détaillée auprès d’un panel d’agriculteurs et acteurs locaux, pour discuter de leur pertinence au vu du contexte climatique, agronomique, et socioéconomique local.

4 filières considérées comme étant les plus pertinentes ont été sélectionnées par ce groupe de travail : le pastoralisme interstitiel, le quinoa, les céréales rustiques et le caroubier. Elles ont fait l’objet d’une analyse approfondie, puis de fiches de présentation destinées aux agriculteurs intéressés :

 

Filière pastoralisme interstitiel :

Cette filière pourrait être déployée à court terme dans les vignes, et même dans les friches. En effet, l’arrachage en cours des vignobles va créer des zones temporairement non exploitées qui risquent de s’enfricher et de renforcer le risque incendie. Le pâturage peut alors être une alternative (ou un complément) à une gestion mécanique coûteuse. La couverture des sols à l’automne et au printemps permettrait également de favoriser l’infiltration de l’eau et ainsi réduire le ruissellement et l’érosion. 

Le développement des pratiques d’enherbement des vignes et des vergers et notamment en bio créé une demande pour un pâturage automnal et hivernal. Pour la valorisation, un abattoir multi-espèce est présent à Pézenas et permet aux éleveurs de valoriser leur production, y compris en circuit court ou à destination de la restauration collective.

Fiche filière pastoralisme interstitiel

 

Filière quinoa :

Le quinoa est très adapté au climat méditerranéen, de par ses qualités agronomiques (résistance au stress hydrique), sa capacité à valoriser des sols pauvres, et pour certaines variétés à résister aux sols salins.

En France, 8 000 à 10 000 tonnes de quinoa sont produites par an, ce qui couvre environ la moitié de son marché, le reste étant importé d’Amérique du Sud. La demande est en croissance, notamment en bio (+15 % en 2022), mais aussi grâce au développement de produits dérivés, ainsi que de marchés alimentaires santé, végan et sans gluten.

Fiche filière quinoa

 

Filière céréales rustiques :

La rusticité des semences permet leur adaptation au contexte local (sols pauvres et drainants), et aux conditions de stress hydriques et thermiques de fin de printemps (et d’été). Peu gourmandes en azote, elles s’adaptent bien à une rotation avec du blé dur et du pois chiche. Ces céréales sont des productions à haute valeur ajoutée, généralement commercialisées en circuits courts et au cœur de filières territorialisées, avec ou sans transformation.

La consommation de céréales alternatives bio a augmenté de 15% en France au cours des 5 dernières années. Le petit épeautre a connu une hausse de consommation particulièrement marquée (+30% depuis 2018).

Fiche filière céréales rustiques

 

Filière caroubier :

Le caroubier est particulièrement adapté aux terrains secs ainsi qu’aux aux sols légers et superficiels, voire rocheux, où d’autres productions ne sont pas possibles. Il dispose également d’une bonne tolérance aux sols salins. A partir de la troisième année après sa plantation, le caroubier présente une résistance remarquable à la sécheresse.

On extrait deux produits de la gousse de caroube : la gomme, issue des graines, est surtout utilisée dans l’industrie alimentaire pour ses propriétés de stabilisant et épaississant naturel ; la poudre (ou farine), issue du reste du fruit, est employée dans l’industrie agroalimentaire et pharmaceutique, ou comme substitut au cacao en poudre. Le coût de main d’œuvre contraint à orienter la caroube française vers le marché de la gomme de très haute qualité pour les industries alimentaire, pharmaceutique et cosmétique.

Fiche filière caroubier

 

Avec cette nouvelle méthodologie de prospection climatique - étude de filières et d'opportunités de diversification, Solagro est prête à accompagner les collectivités dans l'adaptation de leur secteur agricole au changement climatique.

  • Pour contacter Solagro sur vos besoins en adaptation au changement climatique : solagro@solagro.org