Focus

Méthanisation en cogénération : durabilité et reconversion des sites

L’avenir des sites de cogénération

Le développement de la filière méthanisation repose historiquement sur l’existence de deux modes de valorisation du biogaz : par cogénération (production d’électricité et de chaleur), et en injection (production de biométhane, directement injectable dans le réseau de gaz).

Depuis quelques années cependant, le contexte règlementaire a évolué, renforçant l’attractivité de l’injection. A contrario, les subventions jusque-là accordées aux nouveaux projets de cogénération ont été interrompues. Au vu des objectifs nationaux de décarbonation, mais aussi des enjeux de plus en plus prégnants de souveraineté énergétique, tout porte à croire que la favorisation par les pouvoirs publics de la valorisation par injection va se poursuivre.

Pour les unités en cogénération déjà en activité, se pose alors la question d’une éventuelle reconversion, d’autant plus pour celles qui arrivent à échéance de leur contrat d’achat garanti par l’Etat. L’enjeu est de trouver un nouveau modèle économique pour garantir leur viabilité future. L’une des principales options est la conversion à l’injection, qui est d’ailleurs encouragée par les autorités publiques : depuis septembre 2025, la résiliation anticipée du contrat d’achat est exemptée de pénalités, si elle est réalisée au motif d’une conversion à l’injection.

 

Comment reconvertir ces unités ?

Dans ce contexte, Solagro a réalisé ces derniers mois un nombre croissant d’études pour des sites en cogénération qui se posaient la question de la pérennité de leur activité, et des possibilités qui s’offraient à eux. Ces études ont été de portée régionale notamment avec la réalisation d’accompagnements pour 4 sites en cogénération de la région Bourgogne-Franche-Comté financés par l’ADEME, mais aussi dans les territoires, avec une douzaine d’études commandées par des unités de méthanisation en fonctionnement qui s’interrogent sur l’opportunité de passer de la cogénération à l’injection, telles que les Fermes de Figeac, FJM Environnement, ou encore LG2E.

Cet enjeu crucial de reconversion des sites en cogénération est étudié par Solagro de longue date. Dès 2022, avec son partenaire Greenlaw, Solagro avait d’ailleurs livré à GRDF une « Étude sur l’opportunité d’injection en fin de contrat de cogénération ».

 

Obstacles et difficultés de la reconversion

Au regard des travaux conduits par Solagro, il apparaît que la conversion d’un site vers l’injection peut s’avérer difficile. Il est en outre particulièrement important de prendre en compte les enjeux suivants :

• La distance entre le site et le réseau de gaz

• Le niveau d’endettement de l’exploitation

• La taille du site, car il est plus facile de convertir des sites de grande taille

• La conformité du site aux normes, et si besoin le coût d’investissement nécessaire pour réaliser la mise aux normes.

 

Le contexte génère aussi des incertitudes, avec un cadre économique pour le biométhane qui a du mal à se stabiliser. De nouveaux dispositifs sont en cours de déploiement (Certificat de Production de Biogaz) et doivent permettre à des exploitants d’unité de méthanisation de commercialiser leur gaz, non plus avec un tarif d’achat subventionné par l’État, mais via un mécanisme dit « extra-budgétaire » qui repose sur l’obligation pour les fournisseurs de gaz d’incorporer du biométhane dans leur approvisionnement.

C’est parce que ces questions sont complexes et mouvantes que les exploitants d’unité de méthanisation en cogénération font appel à Solagro pour les accompagner dans leur réflexion.

 

Pour contacter Solagro sur vos besoins en reconversion d'unités de méthanisation en cogénération : solagro@solagro.org

 

« Dans le cadre de notre réflexion sur l’avenir de notre unité Gaïaneo, nous avons sollicité Solagro pour évaluer la pertinence d’une conversion de la cogénération vers l’injection. Leur accompagnement nous a permis d’objectiver les enjeux techniques, économiques et réglementaires liés à ce choix, notamment la question du raccordement au réseau, des investissements nécessaires et du cadre de rémunération du biométhane. L’étude a apporté une vision structurée des scénarios possibles et des contraintes associées. Elle constitue une base utile pour éclairer notre prise de décision dans un contexte encore incertain pour la filière. » Alexandre Espinasse - Associé du projet Gaïanéo